Richard Wright – Black Boy

  • Editions : Folio / Gallimard
  • Prix : non indiqué
  • Pages : 445
  • Date de parution : 1947

« Qu’est-ce qu’il a en lui, papa ? » demandai-je, « Un peu de blanc, un peu de rouge et un peu de noir » « Indien, blanc et nègre ? » « Oui. » « Alors qu’est-ce que je suis ? » « Quand tu seras grand, on dira de toi que tu es un homme de couleur » , répondit-elle. Ensuite, se tournant vers moi avec un sourire moqueur, elle demanda : « Vous n’y voyez pas d’inconvénient, Monsieur Wright ? »

Richard Wright est un Nègre, un moricaud comme les Blancs l’appellent. Un jeune garçon Noir vivant à Jackson dans les années 20. Sa famille se compose de sa mère, son frère, sa grand-mère, son grand-père, sa tante et de certains oncles. Tous étant plus ou moins attentionnés avec lui. Pas de père ? Non, il l’a abandonné. Une famille ? Cela est difficile à dire puisqu’il ne se sent pas aimé, écouté, supporté, mais jugé ça c’est sûr. Il est également battu, insulté, fouetté par sa famille. Dans cette atmosphère où l’amour ne semble pas être présent, il doit en plus se faire à l’atroce sensation de faim, aux moments où sa tête tourne quand il ne mange pas assez. Face à ces problèmes d’argent, il est souvent obligé de déménager, ce qui l’empêchera d’aller à l’école mais pas d’apprendre à lire ni à écrire ! Car malgré les a priori de sa famille et de ses confrères de couleur, il passera son temps à lire et à écrire des histoires, se forgeant ainsi sa propre opinion sur le comportement à avoir envers les Blancs et sur l’Eglise. Il lira des livres et magazines qui lui ouvriront les yeux sur le monde des Blancs, ce monde qu’il découvre trop vite devant tant de violence : dans la rue, les morts autour de lui, les ouïs dire et malheureusement ce qu’il aura vécu durant ces emplois pour des Blancs. Il devra apprendre à se soumettre devant eux pour survivre même s’il aurait voulu garder totalement son intégrité. Mais qui pourrait le blâmer ? Il économisera assez d’argent pour s’en aller, d’abord à Memphis puis à Chicago, en faisant en sorte de ne jamais oublier sa mère, son frère et sa tante. Son seul but étant d’aller vers le Nord, de lire et d’écrire.

Car Richard Wright dénoncera réellement la condition de ses frères de couleur, les Noirs, dans une nouvelle à l’âge de quatorze ans; ce qui lui vaudra l’éloignement de ses amis et de sa famille. Il m’est difficile de parler de ce livre puisqu’il relate des faits réels et dramatiques. Je l’avais déjà lu quand j’étais petite mais je souhaitais pouvoir vous en parler ici car je trouve qu’il est poignant. Nous savons tous ce que cette population a vécu mais de le lire, sentir les angoisses, observer le comportement des Blancs, ça ouvre encore plus les yeux et je comprends que ce roman ait fait couler beaucoup d’encre… et c’est presque étonnant que M. Wright n’ait pas été assassiné. Heureusement donc, puisqu’il permettra à « ses frères noirs » d’être mis en avant et amènera d’autres auteurs noirs à écrire eux aussi.

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