• Pas ma tasse de tisane, CHRONIQUES

Abdel Hafed Benotman – Eboueur sur échafaud

  • Editions : France Loisirs / Piment
  • Prix : non indiqué
  • Pages : 265
  • Date de parution : 2004
  • Où le trouver : je le vends ou là ->Éboueur sur échafaud (Piment)

Son père le lui avait prédit : « Au pire ? Tu finiras éboueur. Au mieux ? Sur l’échafaud. » Marqué par cet oracle parternel, le jeune Faraht Bounoura n’est pas bien parti dans la vie. Entre la cruauté d’un père analphabète et la folie d’une mère à la fois victime et bourreu, les enfants Bounoura rêvent de mener une existence « normale ». L’aîné, passionné de théâtre, sera enrôlé de force dans l’armée algérienne. La cadette s’égarera dans la prostitution. Quant à Faraht, dit Fafa, il s’égare tout court. Un récit où, sous l’humour décapant, l’émotion et la révolte affleurent en permanence.

Fafa est le dernier de la fratrie. Il a un frère et deux soeurs. L’histoire se déroule dans les années 60-70, Fafa a 10 ans. Tout commence par sa circoncision, son entrée dans le monde en tant qu’homme. Tout y est décrit, de la découpe à vif jusqu’à la dégustation du couscous où y est ajouté le prépuce. La lecture n’est que commencée, vous êtes à la page 20 maximum. Accrochez vous pour continuer donc. Ca commence bien… Vous tournez la page et là vous rencontrez une mère complètement folle qui met en place un rituel religieux et enfonce un piment dans le vagin de sa fille. Alors là vous sentirez la grande envie de femer ce livre et d’en lire un autre, mais vous vous direz comme moi qu’il ne faut pas juger aussi vite, que ça va aller mieux et que c’est mal d’abandonner un livre. Vous continuerez donc, difficilement.

Ce roman est autobiographique de ce que j’en ai compris, l’auteur s’en est bien sorti, il a écrit ce livre. C’est une belle preuve comme quoi même venant d’une banlieue et en étant mal parti dans la vie, on peut s’en sortir. Fafa/l’auteur a vécu vraiment des choses douleureuses et n’a pas eu une enfance facile. C’est une belle histoire pleine de courage. Mais mal traitée…

Tout au long de ma lecture, j’ai pu observer que l’auteur est obsédé par les matières fécales, en 5 pages il y a 4 allusions. Voici quelques exemples, je n’ai pas tout noté sinon je pouvais recopier le livre : « Léo dormait, révait, pétait là » / « …pour voir sortir de son corps l’étron long et compact qu’en enfant bien nourri il déféquait quotidiennement » / « la famille pissait à Paris et ne s’arrêtait que pour déféquer qu’à Madrid » mais également il nous précise qu’avec ses excréments il pouvait remplir les égoûts de toute l’Algérie. Passionnant vous l’aurez compris.

Fafa a 15 ans et apprend une des douceurs de la vie : la masturbation prendra donc une grande partie du récit également. Il nous expliquera son manque de sensibilité dûe à l’ablation de son prépuce, son manque de plaisir en faisant l’amour, sa rencontre avec un pédophile à grosses couilles et son éjaculation dans le lavabo de la prison.

-> Vous l’aurez compris, la merde et le sexe sont omniprésents et j’ai trouvé cette manière d’écriture très mal choisie par l’auteur, car je me suis focalisée sur ces points alors que l’auteur aurait dû mettre en évidence son éducation, ce qu’il a vécu, ses fugues, la prison, son manque d’amour. Il en parle certes mais cela est mis au second plan à cause de son choix d’écriture.

Pourtant ce sont des points vraiment intéressants. Fafa devient un voleur et ment mais il explique qu’il fait cela pour s’offrir les cadeaux que ses parents ne lui offrent pas. Ses parents le battent « blessures ancrées profondément comme les coups de fouet », essayent de cacher aux autres ces pratiques mais parfois ils n’y arrivent pas. Fafa ne se sent pas aimé, manque d’amour. Finalement il avoue préférer devenir orphelin, annonce qu’il n’a plus de parents mais ensuite il appelle son père « papa ». Il songe au suicide, souhaite s’émanciper mais reste nostalgique, espère encore une meilleure situation avec ses parents : il ne veut pas « tuer l’enfance tout de suite ».

Il serait trop réducteur d’accuser seulement son éducation même si ses parents sont autoritaires, dictateurs et fous. Il faut aussi préciser ses rencontres, avec Léo qui tue des chiens en les frappant contre des murs et Hugues qui veut dealer. Avec ses amis il agressera des gens dans les rues et finira en prison. Pendant 15 jours.

Léo, plein de solicitude, [rentrait] dans son septième étage, entre une porte et une fenêtre dans un couloir de quatre mètres de longueur sur un mètre cinquante de largeur. Porte faisant face à la fenêtre. Une piste de décollage pour suicidaire

Une lecture très intense, une histoire prenante et émouvante. Néanmoins je pense que l’auteur a voulu mettre en valeur son histoire avec l’aspect dégueulasse de la vie, en voulant choquer les gens sur ce qu’il a vécu et sans qu’on puisse s’apitoyer sur son sort et c’est réussit. Mais j’aurai été plus sensible à son histoire si l’auteur en avait fait le récit comme un témoignage et je ne me serais pas forcée pour continuer la lecture. Egalement je me demande pourquoi certains passages sont en italiques, si vous avez une petite idée, dites moi la. Je ne conseille pas cette lecture mais si vous souhaitez tester, j’attends votre avis !

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