Douglas Kennedy – Quitter le monde

  • Editions : Pocket
  • Prix : non indiqué (2€ : bourse aux livres)
  • Pages : 694
  • Date de parution : Juin 2010
  • Langue originale / Traducteur : Américain / Bernard Cohen

« Je ne me marierai jamais et je n’aurai jamais d’enfants. » Lorsqu’elle prononce cet arrêt, Jane a 13 ans. Le lendemain matin, son père aura fait ses valises. Hasard ? Coïncidence ? La culpabilité ne s’embarasse pas de ces questions : toute sa vie, Jane s’en mordra les doigts.

De Harvard à Boston, des belles lettres aux manipulations boursières, tout ce qu’elle touche se dérobe, tout ce qu’elle aime lui échappe. Et lorsque, enfin, la vie lui fait un cadeau, c’est pour le lui reprendre aussitôt. Alors Jane n’a qu’une obsession : fuir, n’importe où, hors du monde. Mais à vouloir le quitter, c’est lui qui vous rattrape…

Un auteur renommé, je n’ai pas hésité en le voyant. Un petit pavé. Mon résumé ne dit rien de spécial, ceux d’autres éditions en disent plus. Je ne savais pas dans quoi je m’aventurais.

J’ai mis pas mal de temps à trouver le rapport avec le titre, environ 200 pages voire plus, durant lesquelles il ne se passe quasiment rien. Enfin, l’auteur présente le personnage principal : Jane; son enfance, ses problèmes familiaux, ses antécédents, les bases de sa vie. Ce qui va nous amener à comprendre le reste de son histoire.

Parce que les mots comptent. Les mots construisent et détruisent. Les mots restent.

Durant ces 200 pages, l’auteur joue avec les mots, jongle avec les choses à raconter, un peu comme Arnaud Tsamère (« On ne demande qu’à en rire » sur France2). Il parle d’une chose, parle d’une autre, revient à la première. J’ai adoré mais ce style ne dure pas très longtemps.

Ce n’est pas le livre le plus joyeux du monde. Je crois même qu’il a eu une répercution sur moi-même. Quand Jane était énervée, traquée, j’étais irritable et quand elle remontait la pente, mon moral aussi. Jane n’a pas une vie rêvée, ça en est presque très surprenant et tiré par les cheveux ce qui lui arrive… Au début on peut peut-être s’identifier à elle mais ensuite plus du tout.

« Ce qui se perçoit dans le fait de voir, et ce qui se voit dans le fait de percevoir… »

C’est une lecture qui peut nous faire croire que même si on en arrive à vouloir Quitter le monde, il ne faut pas abandonner car tout fini par s’arranger; on arrive toujours à retomber sur nos pieds. Je ne sais pas si c’était vraiment le but de l’auteur mais si on creuse voilà ce qu’on peut trouver. Je ressens plutôt un message comme quoi tout le temps, dans ce monde, il y a aura des hauts et des bas, des combats contre soi-même pour avancer même si ce n’est que d’un pas. La fin pour moi représente l’étendu de possibilités qui s’ouvre à Jane et la tranquillité d’esprit retrouvée avec une touche d’incertitude.

Cela aurait pu être une livre philosophique mais je ne pense pas que l’auteur se soit basé sur ce point là. Il a raconté l’histoire d’une adolescente qui dit des mots, a des parents qui ne l’aiment pas, a des antécédents qui s’accrochent, qui ont fait qu’elle est ce qu’elle est 15 ans après. L’histoire du destin, de nous tous. Qui ne s’est jamais demandé « Si j’avais pris ce chemin/Si j’étais partie plus tôt/Si je ne lui avais pas dis de venir/S’ils m’avaient aimée… » ? Ce qui suit n’engagne que moi, mais j’en suis venue à penser à de la sociologie, comme quoi ce que nous avons vécu, entendu; ce qui nous a marqué, fait ce que nous sommes maintenant, que ce soit en bien ou en mal.

Parce que la vie ne peut être vécue qu’en allant de l’avant, et comprise en revenant en arrière

Une lecture complexe où chacun y trouvera son interprétation en fonction de son vécu. Une histoire de mots où tous ont leur importante. C’est une livre assez pessimiste malgré quelques onces de positivité. Donc si vous êtes tentés pour le lire, préparez vous un moment où vous êtes de bonne humeur pour contre-balancer les ondes globalement négatives de ce livre.

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4 réflexions sur “Douglas Kennedy – Quitter le monde

    • No dit :

      Je crois que mon avis est assez mitigé par rapport à certains. Lecturedelivres (sur youtube, je ne sais pas si tu connais) l’a adoré, je crois que c’est même son livre préféré 🙂

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