Olivia Rosenthal – Que font les rennes après noël ?

  • Editions : Verticales
  • Pages : 211
  • Prix : 16,90€ (offert par Lololecture!)
  • Date de parution : 2011
Vous aimez les animaux. Ce livre raconte leur histoire et la vôtre. L’histoire d’une enfant qui croit que le traîneau du père Noël apporte les cadeaux et qui sera forcée un jour de ne plut y croire. Il faut grandir, il faut s’affranchir. C’est très difficile. C’est ‘même impossible. Au fond, vous êtes exactement comme les animaux, tous ces animaux que nous emprisonnons, que nous élevons, que nous protégeons, que nous mangeons. Vous aussi, vous êtes emprisonnée, élevée, éduquée, protégée. Et ni les animaux ni vous ne savez comment faire pour vous émanciper. Pourtant il faudra bien trouver un moyen. O. R.

Je m’attendais à un conte pour enfant et ben pas du tout, ce n’est vraiment pas du tout aussi joyeux que ça. C’est complexe et psychologique.

Déjà vous n’allez rien comprendre au début. Vous allez vous demander de quoi ça parle, et surtout qui parle ??? Il faut sacrément s’accrocher jusqu’à la moitié environ (du moins ça c’était pour moi). Le livre n’est pas long mais ce n’est pas une véritable partie de plaisir que de le lire.

Le livre est construit assez bizarrement. Je n’avais jamais vu ça. Il n’y a pas de chapitre pour délimiter les différents personnages ; il faut les déduire par soi-même, donc être bien attentif dès le début du livre (et je sais que vous le pouvez !). D’autant plus que ces personnages n’ont pas de nom, donc il faut être doublement attentif (et vous le pouvez vraiment !). Et ce n’est pas tout, l’auteur jongle avec le « je » pour l’homme adulte et le « vous » pour l’ado-femme. (sur ce point j’avoue ne pas avoir fait vraiment attention au début, il y a t-il un changement au fil de la lecture ? A vous de me le dire !) Voici des petites astuces d’amis :

  • il y a unE enfant qui devient adulte
  • il y a uN adulte qui parle de son enfance
  • il y a différents professionnels

Cette structure emporte le lecteur, ça passe d’un personnage à un autre comme on sauterait à cloche pied. Le rythme est assez rapide même si le fait que le livre soit complexe freine la chose tout de même.

Je suis tombée amoureuse du style de l’auteure à la page 188, à la fin donc où je trouve qu’il est à son apogée avec des répétitions et des lourdeurs accrochantes : [vous regardez la télévision fixée au plafond, vous coupez le son, vous zappez, vous vous étourdissez …] [vous vous enfermez comme si quelqu’un … ] [vous vous barricadez comme si quelqu’un…].

Ce n’est donc pas un conte tout moelleux car c’est psychologiquement dérangé ! Le livre porte une forte emprise sur le lecteur via des ordres : [vous le restez] [vous vous imprégnez]. Ce livre démontre que la vie n’est faite que pour suivre des stéréotypes, que nous les suivons tous, nous sommes tous programmés par rapport à ce qu’attend de nous la société. Mais il met également en avant que nous pouvons aller contre et se forger notre propre personnalité, affirmer qui nous sommes et nous sortir de cette emprise. C’est à travers des répétitions que l’auteure prouve la volonté de l’individu à s’émanciper, à « trahir sa famille ». J’ai même trouvé que le style présenté par l’auteure ressemblait bizarrement à une secte. Car la vie, la société gère les humains mais nous, pour nous « consoler » nous faisons la même chose envers les animaux : nous cherchons tous à dominer, maitriser, influencer quelqu’un qu’il soit humain ou animal. Certaines anecdotes sont parfois peu sympathiques à lire…

A moins que l’abandon ne soit la condition même à l’accession à l’indépendance

Sans trop vous en dire, sachez que la fin est plutôt pas mal, c’est plus humanisé qu’au début et la lecture est plus fluide (le temps d’adaptation sûrement)

On mange avec plus de plaisir et d’appétit les êtres que l’on aime

Encore des nouveaux mots : coercitif (qui contraint), expédient (qui est utile, opportun), équarrir (dépecer les bêtes mortes que l’on abat et que l’on va couper en quartier), panoptique (d’un point on peut tout voir), inoculer (introduire dans l’organisme une susbtance contenant les germes vivants d’une maladie, en vue d’immuser le sujet ou de le guérir), individuation (ce qui fait qu’un individu diffère d’un autre), nidifuge (quitte le nid rapidement), contempteur (celui qui méprise quelqu’un ou quelque chose), éthologie (science qui étudie le comportement des animaux), verrat (porc qui n’est pas châtré, employé pour la reproduction)

Une lecture innovante, originale, mais assez déroutante. Pas une lecture pour se détendre mais pour réfléchir, se poser des questions sur ce dont traitre le livre. J’ai quand même pris pas mal de temps pour le lire et j’avoue me féliciter d’être arrivée à la fin, même si je tiens à le dire que plus on avance dans la lecture, plus elle est plaisante. A tester !

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