• Moment sympa, CHRONIQUES

Sigrid Nunez – Et nos yeux doivent accueillir l’aurore

P1030565Rue Fromentin • 405p • sortie le 16 janvier prochain ! • 23€ (SP) • US – Sylvie Schneiter

En 1968, Ann Drayton et Georgette George sont colocataires à l’université. Ann vient d’une famille fortunée qu’elle déteste et vit son engagement politique avec romantisme. Georgette, issue d’un milieu pauvre, voit la faculté comme une occasion inespérée de changer de vie. Une amitié paradoxale unit les deux jeunes filles jusqu’à ce qu’une violente dispute les sépare. Des années plus tard, Georgette retrouve la trace de son ancienne amie à la lecture d’un fait divers : elle est condamnée à la prison à perpétuité pour meurtre. Ce drame fait resurgir le passé, les espoirs ainsi que les désillusions politiques et intimes. Georgette réalise combien la rencontre avec cette femme complexe et charismatique a influencé toute son existence. « Je n’ai jamais cessé de penser à elle », confie-t-elle, alors que les années 1980 balaient les derniers idéaux.

Photo couv ICI • Où l’acheter : Lalibrairie.com

En lisant le résumé je pensais lire un livre à la Courtney J. Sullivan, auteure que j’adore. De plus quand l’équipe des Editions Rue Fromentin m’a dit que mon auteure chouchou l’avait adoré, je pensais encore plus que ça allait être ce style là. Mais en fait pas du tout (enfin parfois si).

Georgette raconte l’histoire d’elle-même et d’Ann, sa pote de fac. Ca commence plutôt bien, on comprend comment elles en sont venues à se rencontrer, leurs habitudes dans leur chambre commune etc… puis Georgette nous fait un flash-back de sa propre vie où elle nous raconte sa famille, son milieu… ceci plusieurs fois tout au long du livre.

Et là est peut-être le problème qui m’a dérangée.

Les histoires (car il n’y a pas qu’une histoire racontée) sont décousues, éparpillées par ci par là. La narration divague, s’entrecroise et cela peut amener le lecteur à perdre le fil de la lecture. En plus de tous ces flash-backs, à trois reprises (je crois) le narrateur change, ça peut être Georgette qui d’un coup décide de raconter certains moments en utilisant le pronom « elle » au lieu du « je » habituel ou c’est une autre personne, inconnue depuis le début du livre qui reprend l’histoire. Toutes ces idées sont très intéressantes mais très lourdes à suivre pour s’adapter à la lecture de ce livre.
Surtout que les sujets traités ne sont pas des plus faciles : racisme, drogue, viol, meurtre, prison…

En lisant ce livre, vous plongerez dans une lecture pleine d’informations et peut-être parfois compliquée à suivre. Une lecture dense de part ces données mais également de part la mise en page du livre : de gros paragraphes, de longues phrases ou très courtes. Au début, le livre peut manquer de rythme. Personnellement j’ai été complètement embarquée par le style de l’auteure et l’histoire qu’à partir du milieu voire dernier tiers du livre.
Cette construction du livre fait ressortir de nombreux sentiments : malaise, souffrance, préoccupation, honte tout en nous plongeant dans les souvenirs des personnages et dans leur tête. C’est surtout l’étude du comportement d’Ann qui déstabilise autant Georgette que notre lecture.

Même des fantômes bienveillants peuvent briser les cœurs

A propos de l’objet livre. Il est magnifique ! Le papier est épais, lisse, d’une superbe qualité. Et la couverture est très jolie. Mon amoureux a tout de même dit que certaines lettres en blanc ne se voyaient pas parfaitement (il est peintre, il faut l’excuser de son obsession). Par contre deux bémols : le dos s’arrondie facilement et le complément de couverture avec la cigarette peut rebuter l’achat même si ce livre n’est pas destiné aux jeunes (d’après moi) (mais à l’époque décrite, tout était possible!)

• En Bref •
Note Livraddict : 15/20

Même si je ne m’attendais pas à cette lecture, ce qui est indéniable c’est que cette auteure est extrêmement douée et qu’elle a un réel talent pour jongler avec les mots. Elle a su créer une histoire et la raconter d’une façon très originale, perturbante dans nos habitudes car Ann est perturbée. Les mots sont justes. Les phrases sont maîtrisées tout comme les effets de style. Même si les flash-backs sont déstabilisants, tout est contrôlé et pensé pour améliorer la lecture, plonger le lecteur dans la tête des personnages. Ce livre est également très intéressant grâce aux nombreuses citations de livres (comme Gatsby, malheureusement que je n’ai pas lu) et d’autres chansons, films…
Néanmoins, je pense tout de même que trop d’effets ont été utilisés ce qui en fait une lecture très longue.

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3 thoughts on “Sigrid Nunez – Et nos yeux doivent accueillir l’aurore”

  1. Au début de ta chronique, je me dis que je vais passer mon tour, mais ta note donne quand même envie de le découvrir tout comme le fil de ta chronique 🙂
    Je note! Merci 🙂

    1. Je pense n’être pas assez intelligente pour une lecture comme celle-ci en fait. Il y a beaucoup de références. Le style est original dans le non conventionnel. C’est très intéressant !
      Si tu le dis, j’espère qu’il te plaira et j’aimerais que tu me tiennes au jus 🙂

      1. Bien sûr que je te tiendrai au courant si j’ai l’occasion de le lire 🙂
        J’ai lu, sur un autre blog, une critique positive, donc non, je ne pense pas que tu ne sois pas assez intelligente pour ce genre-là! Mais bon, je ne l’ai pas lu et c’est vrai que trop de références tue le plaisir de lire… En tout cas, comme je le l’ai dit, je reviendrai vers toi si je le lis 🙂

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