Marcus Luttrell – Le Survivant

DSC_1099Nimrod • 328p • 2013 • 21€ (prêt) • US – Franck Mirmont

En juin 2005, quatre hommes des Navy SEALs sont infiltrés au coeur de la province afghane de Kounar, à proximité de la frontière pakistanaise, avec pour mission de capturer ou de neutraliser Muhammad Ismail, un chef taliban retranché avec son escorte dans des montagnes particulièrement inhospitalières. 
Mais quelques heures seulement après leur infiltration, les quatre hommes tombent dans une embuscade conduite par plus d’une centaine de talibans. Malgré l’appui de renforts héliportés et une lutte acharnée à 3 000 kilomètres d’altitude, les combats prennent une tournure dramatique. 
A la nuit tombée, dix-neuf Américains gisent sur le terrain. Morts. Pour le Navy SEAL Marcus Luttrell, blessé durant les combats et unique rescapé de cette embuscade, il s’agit désormais de survivre, en ne comptant que sur lui-même, sans imaginer l’extraordinaire revirement que lui réserve le destin.

Je ne pensais pas du tout lire ce genre de livres mais j’ai craqué devant la couverture et l’objet livre de cette maison d’éditions, donc autant en parler de suite ! Nimrod m’était complètement inconnue. Maison d’éditions spécialisée dans les autobiographies de guerre mais elle fait des romans, de beaux livres etc… toujours autour de l’aspect militaire. Rien de très attrayant pour nous, lecteur lambda, mais l’objet livre vous fera craquer ! La couverture est magnifique (et a priori toutes les autres aussi!) autant la première de couv que le dos et la 4ème de couv : ce qu’on ne voit pas forcément dans de grandes maisons d’éditions ! Le livre est facile à prendre en main parce qu’il est flexible. Le papier est de qualité convenable. Très bonne surprise !

Je précise que je n’ai pas vu le film.

En plus, je ne suis pas très calée sur le sujet de la guerre en Afghanistan (même si mon frère est militaire) et je ne connais pas les noms des armes, véhicules. Heureusement mon amoureux est passionné et m’expliquait tout. Puis j’avoue que c’est facilement déductible.

Le seul soucis au niveau de l’objet livre, c’est la mise en page très condensée. C’est aussi un point fort dans un sens puisque toutes les marges, interlignes sont utilisées donc le lecteur en a pour son argent ! Pour ma part, ça a ralenti ma lecture puisque j’avais trop de choses nouvelles d’un coup et donc l’impression de ne pas avancer. Egalement, quelques fautes à souligner.

Au niveau de la lecture en elle-même,

Il m’a été difficile de m’imaginer l’environnement dans lequel évoluait Marcus Luttrell et son équipe puisque de 1. Je n’ai pas vu le film et de 2. Je n’ai jamais vu de photos d’une montagne Afghane.
L’auteur prend de nombreuses pages (jusqu’à la moitié du livre) pour nous expliquer qui sont les SEALs et nous suivons plus d’une centaine d’hommes dans leur formation.
Ce livre est très intéressant car nous apprenons énormément de choses autant sur les SEALs que sur les talibans et même sur la culture afghane. Nous suivons 4 SEALs dans une mission et nous sommes auprès d’eux à chaque instant. Certains moments sont très poignants. Egalement, nous sommes dans les pensées des soldats et nous sommes face à leur dilemme : tuer pour vivre et se faire lyncher en rentrant (la presse dira qu’ils ont tué des innocents – qui les dénonceront aux talibans…) ou ne pas tuer et mourir en héros.

Néanmoins je n’ai pas apprécié le caractère de Marcus Luttrell, individu que j’ai trouvé très arrogant et égocentrique. Certes il le dit aussi que les SEALs peuvent être arrogants et comme dirait mon amoureux « c’est son autobio, normal qu’il parle de lui non? ». Oui mais je trouve qu’il manque de tact :

  • quand ses amis meurent, il écrit 2-3 lignes et passe à autre chose
  • il parle de la fiancée d’un de ses amis mort en la qualifiant à chaque fois de « très belle/magnifique femme » <- il a envie de se la faire ou quoi ?
  • il se plaint tout le temps (ce que je peux comprendre) mais quand lui a juste mal à la tête, ses amis sont soit morts soit ils ont 4 balles dans le corps
  • il prie pour ne pas mourir sur la terre afghane, seul alors que ses amis sont morts, leur corps laissés au bon vouloir des talibans
  • et bien sûr lui est meilleur que les autres : [J’aurais pu perdre connaissance, j’aurais pu mourir d’une crise cardiaque, ou me faire fusiller, mais je n’aurais jamais pu abandonner] alors que d’autres le font

Marcus Luttrell et son équipe se rendent en Afghanistan en 2005 soit après les attentats du 11 Septembre, donc je vous laisse imaginer dans quel état d’esprit il est et comment il parle des Afghans et talibans… Certes je ne pense pas que les talibans méritent un quelconque respect mais je pense que ce livre détient trop de jugements catégoriques sur la politique et la religion.

• En Bref •
Ma note sur Livraddict : 16/20

Une lecture extrêmement intéressante et une très belle découverte au niveau de cette maison d’édition. Le caractère de Marcus Luttrell est le (seul) défaut de cette autobiographie.

Complément d’informations dans les commentaires par les éditions Nimrod !

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4 réflexions sur “Marcus Luttrell – Le Survivant

  1. Nimrod dit :

    Merci pour cette chronique intéressante ! Je me permets d’apporter quelques précisions, car vous êtes peut-être passé à côté de quelques petites choses… Il est exact que Marcus Luttrell peut sembler arrogant dans ce livre : il est Américain, il est Texan, il est Navy SEAL et il est patriote… Et cela fait parfois beaucoup à intégrer pour un Européen… Mais le fait d’avoir réussi la sélection Navy SEAL est une réussite dont peu peuvent s’honorer, et c’est justement cette force de caractère (que l’on pourrait prendre pour de l’arrogance) qui va lui permettre de survivre en Afghanistan.

    Vous indiquez :
    – quand ses amis meurent, il écrit 2-3 lignes et passe à autre chose : Marcus Luttrell ouvre tout de même le livre sur ces « souvenirs », sans pour autant passer aussi rapidement que vous le soulignez à autre chose ! Il ne s’appesantit peut être pas dessus lors de la description des combats, car c’est malheureusement là le « rythme de la guerre ». Au cours d’un combat, quand un camarade tombe, vous n’avez pas le temps de le pleurer si vous voulez pouvoir survivre. Le temps du chagrin viendra plus tard.
    – il parle de la fiancée d’un de ses amis mort en la qualifiant à chaque fois de « très belle/magnifique femme » <- il a envie de se la faire ou quoi ? : Il s'agit bien sûr d'un hommage à cette femme, la veuve d'un camarade.
    – il se plaint tout le temps (ce que je peux comprendre) mais quand lui a juste mal à la tête, ses amis sont soit morts soit ils ont 4 balles dans le corps : je ne vois plus très bien à quoi vous faites allusion, mais compte tenu des nombreuses blessures de Marcus Luttrell lors des combats (trois vertèbres brisées, une balle dans la cuisse, des éclats de roquette dans la jambe, etc…), je doute qu'il s'agisse d'un simple mal de tête !
    – il prie pour ne pas mourir sur la terre afghane, seul alors que ses amis sont morts, leur corps laissés au bon vouloir des talibans : qui ne prierait pas pour ne pas mourir sur cette terre après avoir vu ses camarades tomber au combat ?
    – et bien sûr lui est meilleur que les autres : [J'aurais pu perdre connaissance, j'aurais pu mourir d'une crise cardiaque, ou me faire fusiller, mais je n'aurais jamais pu abandonner] alors que d’autres le font : vous citez une phrase qui fait allusion au célèbre stage BUD/S qui est, pour faire simple, le stage de sélection des futurs SEALs. Il faut savoir que cette sélection, que beaucoup de personnes pensent n'être fondé que sur des critères physiques, repose à 80% sur un critère mental. Certains candidats sont des athlètes de très très haut niveau, mais ils n'ont tout simplement pas le mental pour résister au froid, à l'attente, à la douleur, au stress…C'est en cela que Marcus Luttrell avait le mental pour réussir (il aurait préféré mourir qu'abandonner le stage), et c'est ce mental qui lui a permis ensuite de survivre en Afghanistan. Il ne se juge pas meilleur que les autres, il n'a tout simplement pas abandonné.

    Il faut savoir que Marcus Luttrell a écrit un 2e livre, "Retour au combat", dans lequel il apporte d'autres détails sur cette opération malheureuse, ainsi que sur ce qu'il est devenu ensuite, Ainsi qu'un chroniqueur l'a écrit, on y retrouve un Marcus Luttrell "plus apaisé", avec moins de jugements catégoriques que ceux qu'il pouvait avoir dans ce premier livre… Mais quand ce premier livre a été écrit, la douleur était encore à vif, plus qu'à vif. Elle ne se refermera d'ailleurs jamais.

    Et sinon, pour conclure, je dirais que les livres de Nimrod ne tournent pas "toujours autour de l’aspect militaire", mais autour de destins humains dans un univers militaire. Ce sont ces destins dans des circonstances étonnantes qui nous intéressent, beaucoup plus que l'aspect militaire en lui-même.

    Bien cdt

    Francois
    Nimrod

    PS : n'hésitez pas à signaler les quelques fautes que vous auriez lues !

    • Noëlline dit :

      Je vous remercie pour votre réponse. Néanmoins je pense que vous avez pris cette chronique pour une critique alors que c’est… une chronique. J’y donne mon avis et mon ressentis.

      Ce qui m’a fait rire dans votre réponse c’est qu’elle ressemble à quelques mots près à ce que mon compagnon m’a répondu pour chaque point. Je rappelle juste que je ne suis pas passionnée par les faits militaires et que je souhaitais juste découvrir cet ouvrage car mon compagnon l’a adoré en film (il le lit actuellement).
      – pour le passage d’une mort à autre chose : je trouve votre explication très intéressante et d’ailleurs durant la rédaction de ma chronique j’ai hésité à le préciser comme de toutes manières, s’il en avait trop dit, j’aurai trouvé l’histoire trop ralentie (et ses mots peut-être pas francs?!).
      – pour les mots autour de la femme d’un ami : je reste sur mon avis. Je l’ai peut-être exprimé trop franchement mais moi en lisant, ça m’a choquée.
      – pour ses blessures : bien sûr que j’ai exagéré et qu’il n’avait pas qu’un simple mal de tête… Le fait est que certaines phrases semblaient l’accabler alors que ses camarades étaient déjà à l’agonie. J’ai eu ce ressentis durant le grand combat (pas après, quand il était seul)
      – pour prier pour ne pas mourir seul : ce n’est pas le fait qu’il ne veuille pas mourir qui m’a retenu l’attention (qui aimerait mourir dans ces conditions?), c’est le fait qu’il ne veuille pas mourir seul sur cette terre afghane – alors que ses camarades le sont. Nuance.
      – pour la phrase durant la phase de sélection : j’ai bien compris l’importance et l’honneur de réussir cette formation, surtout pour lui, là n’est pas la question. Peut-être que je n’ai pas su apprécier son caractère à sa juste valeur. Et comme je l’ai dis : Marcus Luttrell précise dans son livre que oui on peut penser qu’il est arrogant. Si je m’en rappelle bien, il dit que c’est parce qu’après avoir vécu ce par quoi il est passé (je crois qu’à ce moment là il parlait surtout de la formation), on ne pouvait qu’en être plus que fier.

      Mon compagnon souhaite se procurer son second roman. Je le lirai probablement.
      Comme je l’ai dit, j’ai trouvé cette lecture très intéressante avec un bémol pour le caractère de Marcus Luttrell qui ne concerne que moi puisque mon compagnon le considère comme un héros. Je rajouterai d’ailleurs son avis dans cette chronique quand il aura fini le livre.

      Je ne vois pas la nuance que vous appuyez puisque dans ce que je dis je parle d' »autobiographies » de « beaux livres » « autour de l’aspect militaire ». Bref pas si différent de ce que vous dites sur votre site : Le spécialiste des récits biographiques et thrillers militaires / les thématiques militaires.

      En ce qui concerne les fautes, j’ai du voir moins de 5 « grosses » fautes. Rien d’exceptionnel. Je signale ceci autant pour vous que pour d’autres maisons d’éditions.

      Bien à vous,
      Noëlline

      • Nimrod dit :

        Ne vous en faite pas, je n’ai pas perçu votre chronique comme une critique, mais bien comme une chronique intéressante à lire parce qu’elle exprime le point de vue de quelqu’un qui n’a pas l’habitude de lire ce genre de livre ! Raison pour laquelle j’ai pris le temps d’apporter mon point de vue, ou de tenter d’apporter quelques éléments de compréhension.

        Et attention pour le 2e livre : comme pour le premier, ce n’est pas un « roman » (une fiction), mais bien un « document » (ce que les anglo-saxons appellent de manière plus claire « non fiction »).

        Je partage avec vous l’opinion selon laquelle Marcus Luttrell est parfois un peu « fatiguant » (pas assez de recul, trop texan, trop américain, trop sûr de lui….), mais c’est aussi ce qui fait l’intérêt du livre : cela lui permet de survivre, et sa confrontation avec les villageois afghans – un monde qu’il ignore – n’en a que plus de valeur.

        La nuance que je voulais faire au sujet de « autour de l’aspect militaire » : pour moi, « aspect militaire » veut dire des livres sur les uniformes, les blindés, les médailles, les drapeaux, les régiments, etc… Ce qui ne m’intéresse pas du tout. C’est pourquoi je souhaitais préciser que je m’intéresse plus aux destinées d’hommes emportés dans des conflits (ces hommes étant des militaires), qu’à la chose militaire (des livres techniques sans coeur). C’est bien le côté humain et histoire personnelle, plus que le côté tactique, qui m’intéresse !

        Enfin, pour finir, je veux bien des infos supplémentaires sur ces 5 grosses fautes (ou plus)… Pour mon information personnelle, mais aussi pour les corriger éventuellement plus tard si l’occasion se présente ! Il ne s’agit pas pour moi de dire : « Quoi des fautes, prouvez le ! », mais bien de pouvoir les corriger (avec votre aide, du coup !) si j’en ai l’occasion. Je serais bête de ne pas profiter de votre vigilance !!

        En résumé, je vous répondais pour dialoguer (et surtout pas pour ronchonner, désolé si j’ai donné cette impression), car je trouvais intéressant votre point de vue de lectrice lisant peu ce genre d’ouvrage, et j’étais d’ailleurs très heureux qu’il ait pu vous intéresser !

        Bien cdt

        Francois

      • Noëlline dit :

        Le fait que ce soit une histoire vraie est un point qu’il faut continuellement garder en tête durant la lecture. J’avoue avoir quand même du mal à me dire que si c’est possible alors que si c’est vrai… Ce sont tellement des choses que je ne connais pas que j’ai très probablement manqué d’un point de vue. C’est peut-être aussi pour cela que j’ai eu du mal avec son caractère (qui d’ailleurs est globalement arrogant car certains passages sont tout de même humbles voire drôles)

        Pour l’aspect militaire, je n’avais même pas pensé à l’autre facette de « militaire », mais c’est bien de le préciser et je préfère l’aspect que vous choisissez pour Nimrod.

        Malheureusement pour les fautes, je ne précise dans la chronique que celles qui ne sont vraiment pas cohérentes dans la lecture (erreur de nom de personnage par exemple). Après des fautes d’accord (oublier un e) ou de frappe, j’ai envie de dire que tout le monde en fait. Je précise juste si il y en a, pas lesquelles. D’ailleurs elles ne sont pas notées dans mon carnet donc je ne pourrai pas vous les redire… Puis je ne pensais pas que cela aurait été utile à quelqu’un – vous êtes la première maison qui me les demande. Quand je lirai l’autre livre de Marcus Luttrell je noterai tout 😉

        Le seul livre (je crois) que j’ai lu dans cet esprit c’est « Par le sang versé » de Paul Bonnecarrère, lecture que j’avais adorée. Ce n’était pas une autobio. Si les légionnaires avaient écrit leur histoire eux-même, peut-être qu’ils auraient aussi été arrogants.
        En tout cas, j’ai lu cet ouvrage car cela faisait plaisir à mon compagnon mais surtout car je trouve que vous faites du très bon travail au niveau de l’objet livre que peu de maisons plus connues (pour des lecteurs lambdas) font.

        Bien à vous,
        Noëlline

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