• Pas ma tasse de tisane, CHRONIQUES

David Kadoche – Pizzo

DSC00006DEDLY • 2014 • 293p • 15€ (SP)

N’avez-vous jamais rêvé de vivre une autre vie ? De troquer votre quotidien pour une vie palpitante telle qu’on en voit dans les films ?  Quatre amis d’enfance, enlisés dans une routine ordinaire et sans surprise, vont à la lueur d’un espoir  inattendu, s’embarquer dans une aventure hors du commun.  Giuseppe, Sergio, Johnny et Mauricio vous invitent à vivre par procuration leur rêve de bonheur ! La fuite de leur quotidien morose pour atteindre un bonheur fantasmé, les conduira-t-ils jusqu’au bout de leur rêve ?

Grâce à ce livre j’ai découvert un auteur et une maison d’éditions. Roman sur fond du « Parrain » excessivement mixé avec du « Very Bad Trip ». Pas ma tasse de thé, plutôt comme de la vodka : ça brûle quand ça passe et à trop grosse dose ça fait mal à la tête et donne envie de vomir…

Livre actuellement en réécriture
– Info donnée par l’auteur –

Dès les premières pages je savais que je n’allais pas apprécier ce roman. Dès le début, chaque phrase ou presque est ponctuée d’expression ridicule : [jetez-le dans une rivière, il en sortira un poisson dans la bouche] ; [ses idées jaillissaient tel un volcan en irruption] alors que l’auteur venait juste avant de décrire parfaitement la situation ou son avis ; le lecteur n’est pas débile, il a compris.

Egalement dès le début, le narrateur part dans beaucoup de délires, se laisse emporter dans ses souvenirs et l’auteur amène tout cela sous la forme de très nombreux flash-backs intégrés voire intégrés à l’intégration (ouéoué) dans l’histoire… Beaucoup de flash-backs courts qui ne servent pas forcément à grand chose sauf à montrer que Giuseppe et ses potes sont enfantins, incontrôlables. Il y a un manque d’organisation, de retenue et une lacune pour raconter une histoire. Je pense tout de même que ces points servent les personnages et sont choisis par l’auteur pour coller à l’ambiance survoltée de l’histoire. Mais tout de même, le lecteur risque de s’y perdre et de s’ennuyer car rien n’a réellement d’intérêt. En fait, cela fait juste rire (oui j’ai tout de même rigolé – les personnages sont de belles caricatures! 🙂 ) et je pense que c’est le seul but un peu comme le sketch d’Arnaud Tsamère avec les légumes dans « On ne demande qu’à en rire ». Sauf que là l’histoire n’est pas à base de légumes mais de pseudos mafiosi, mais cela le lecteur l’oublie à cause de ce style d’écriture.

Si l’auteur s’était arrêté à ça, j’aurais tout de même pu apprécier plus ou moins ma lecture mais il a choisi d’agrémenter son roman de détails scatologiques. Après nous avoir offert une description détaillée de l’odeur des pets de Mauricio (une demi page), Giuseppe nous invite aux toilettes avec lui, il nous livre ses secrets les plus intimes : son caca et ceci sur plusieurs pages (au moins 4!) dont la conception de celui-ci : [le fax en cours d’envoi m’oblige à quelques exercices de poussées qui ralentissent ma réflexion]. Oui car le narrateur nous parle littéralement à chaque instant dont celui-ci….

Cela est un autre point spécifique de ce roman : le narrateur parle très très très souvent au lecteur. Ceci peut plaire à certains, généralement je n’apprécie pas cela mais dans ce roman cela semblait naturel. Assez a priori pour nous inviter dans ses toilettes… Le narrateur demande ainsi l’avis du lecteur, l’intègre dans l’histoire, le fait patienter, s’excuse auprès de lui etc… Le ton est familier, l’ambiance « cool cool » et le lecteur est son pote.

Paradoxalement, l’auteur prend quelques instants entre deux délires entre potos pour nous parler philosophie, avenir de la planète, notre faculté à oublier certaines choses… néanmoins comme tout n’est que délires, quand il essaye de nous parler sérieusement, cela ne fonctionne pas.

Une véritable histoire d’amitié avec des mâles loufoques et une petite leçon sur le fait qu’il faut se contenter de ce que l’on a MAIS une histoire et des personnages trop débiles à mon goût.

Sans compter les nombreuses fautes d’accord et de frappes (entre autres : p°24 « il confondu »; p°168 « a aussi a été »; p°172 « qu’elle  vivait en Belgique et moi en Paris »; p°276 « elle a dit de ne pas m’inquiéter pas »; …)

Au niveau de l’objet livre, j’ai apprécié la qualité de celui-ci, la marge plus large au centre du livre facilitant la lecture sans risque de casser le dos et la police d’écriture très originale sans pour autant trop déstabiliser la lecture.

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5 thoughts on “David Kadoche – Pizzo”

    1. Oui ça change les idées et c’est très drôle dans son genre. Ca s’assume à fond mais ce n’est pas forcément mon humour en fait :/ Mais comme je le dis dans ma vidéo bilan (enfin quelque part lol) ça peut plaire à d’autres c’est juste que le style ne me plaît pas, il ne me convient pas 😉

  1. Ohhhh je suis surprise !!! Moi je l’ai lu à Noël, je l’ai trouvé hyper sympa ce livre :). Je l’ai même passé à un ami d’origine italienne pour le clin d’oeil. On rit quand même bcp. Autant je suis assez d’accord sur d’autres chroniques mais là j’ai envie d’ajouter mon petit grin de sel pour soutenir cet ouvrage que j’ai comme même trouvé bien rigolo 🙂 Un classement un peu sévère à mon goût. Comme vous le dites dans votre commentaire : « ça change les idées et c’est très drôle dans son genre. Ca s’assume à fond ». Moi j’ai bien aimé ce style qui m’a donné le sentiment de vivre une vraie conversation avec Giuseppe ; ça semblait naturel. Quant à la scène du toilette, elle m’a pas vraiment choquée, d’ailleurs elle a juste servi de prétexte pour aborder des annecdotes d’enfance. En plus je ne crois pas dire de bêtise en disant que Giuseppe ne « prononce » même jamais le mot « caca », il emploie juste une métaphore. Donc finalement il y a beaucoup de pudeur et de douceur dans ce personnage. Ça le rend attachant je trouve. Sinon pour le coup j’ai bcp aimé les flash-backs qui ponctuent le récit, ils étaient assez habilles. J’ai trouvé qu’ils illustraient drôlement bien les mécanismes du cerveau, quand on a des souvenirs parfois qui nous reviennent soudainement au fil d’une conversation. Ils apportaient des changements de rythmes sympas et souvent annonciateur des touches d’humour. Ils sont assez bien amenés et arrivent naturellement, moi ils m’ont jamais faire le fil du récit. Conclusion : Pizzo est à mon sens plutôt réussi, un vrai voyage dans un univers atypique, décrit avec une jolie sensibilité et une bonne dose d’humour et de légèreté. Mon verdict : « mérite d’être lu ».

    1. Merci beaucoup pour votre avis très bien argumenté 🙂 ! Il sera très bénéfique pour les personnes qui liront cette chronique 😉
      C’est sûr que le but premier était de rigoler et j’ai tout de même rigolé mais les à côtés m’ont fait lever les yeux en l’air de consternation. Comme je l’ai dit ça s’assume à fond et je le salue mais ce n’est pas pour autant que j’apprécie.
      Certes le style « parler avec l’auteur » est assez original mais ce n’est pas ce genre de conversations et de délires que je veux avoir avec quelqu’un surtout via un livre.
      La scène des toilettes ne m’a pas « choquée » et le mot « caca » ne me fait pas peur (lol), c’est juste que je n’ai pas compris ce que ça faisait là, l’intérêt et j’ai trouvé cela assez puéril. Personnellement je n’ai ni vu la pudeur ni la douceur dans Giuseppe, pour moi c’est un enfant incontrôlable d’où le fait que je dis que certains points servent la description du caractère du personnage (puisqu’en plus il nous parle). Donc je ne remets pas en cause le travail de l’auteur, juste le style, l’environnement qui n’ont pas matché avec moi.
      Pour les flash-backs, je ne sais pas quoi vous dire sauf que je pense tout le contraire haha (perte du fil du récit principalement) et je suis dubitative sur les souvenirs dans les conversations (souvent en vrai ils sont « courts » et peu nombreux, d’après moi) mais votre approche est bien !
      Cela ne l’a peut-être pas fait avec moi car je ne suis pas italienne ? ou parce que je ne trouve pas ça du tout être un voyage…!
      Je vous remercie encore pour votre commentaire très constructif et ravie qu’il vous ai plu, ça plaira à la maison d’éditions qui avait peur de ne pas donner envie 😉

  2. Merci beaucoup Diana et Jennifer pour vos commentaires, je suis très heureux que vous ayez apprécié l’aventure Pizzo, merci pour vos commentaires, ils me font très plaisir :).
    Chère Noëlline, j’espère que mes prochaines oeuvres sauront mieux toucher votre coeur et qu’elles vous offriront de jolis moments de lectures.

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