• Livre dévoré, CHRONIQUES

Douglas Kennedy – Une relation dangereuse

  • Editions : Pocketrelation dangereuse
  • Prix : non indiqué (livre prêté)
  • Pages : 532
  • Date de parution : 2008
  • Langue originale / traducteur : Américain / Bernard Cohen
  • Ma note sur Livraddict : 18/20

En mission au Moyen-Orient, Sally rencontre Tony.
Elle est reporter au Boston Post, il est journaliste au Chronicle.
Elle est pétillante, il est charmeur.
Elle est célibataire, lui aussi.
Ce qui doit arriver arrive: coup de foudre.
Mais Sally ignore que le rêve va virer au cauchemar.
Et que le pire viendra de celui qu’elle pensait pourtant bien connaître, son mari…

Je ne comptais pas lire ce livre. En fait comme je devais prêter un livre à quelqu’un et que je n’avais qu’un livre dans mon appartement, cette personne a dû m’en prêter un sinon je me retrouvais sans aucune lecture pour la semaine. Coup de chaud, palpitations, larmes qui coulent… impensable ! Bon, j’ai eu le choix entre deux livres et je me suis dis que lire un Douglas Kennedy me permettrait de continuer à me faire mon avis sur cet auteur. Car j’avais lu « Quitter le monde » qui m’avait laissé sceptique.

J’espère que vous n’avez pas lu le résumé car il dit tout. Vous savez que le bonheur fou va devenir un incroyable cauchemar et ceci à cause de Tony, le mari de Sally. Je me suis creusée la tête pour trouver comment j’allais vous parler du livre sans tout dire et voilà que je lis le résumé (car je ne lis jamais les résumés avant de lire un livre) qui lui, ne s’est pas posé la question.

_______________________________________________________________________________________

Suite à ma première lecture de cet auteur, je me suis lancée dans celle-ci en me disant que cela n’allait pas être un coup de coeur, que ça allait être la même chose. Le fond est globalement le même mais après tout ça doit être le style de l’auteur. Style que j’ai enfin compris grâce à ce livre et finalement, que j’adore !

Autant commencer par, je crois, le seul point que je n’ai pas apprécié. L’histoire d’amour entre Sally et Tony s’accélère trop rapidement à mon goût. C’est un contraste entre le style assez lent/descriptif de l’auteur au début et l’histoire qui va trop vite des personnages. Néanmoins, je nuance car ce point peut s’expliquer par ce qui va arriver à Sally par la suite… Voilà, c’est vraiment le seul point qui m’a gêné.

Dès le premier instant où je l’avais vu dans l’hélico, je savais que nous finirions au lit si l’occasion s’en présentait

Le style descriptif de l’auteur me plaît vraiment. Le but n’étant pas d’ajouter du suspense car le lecteur sait très bien à quoi s’attendre autant quand le malheur arrive que la fin. L’auteur joue sur l’aspect psychologique de la situation. J’ai eu envie de me débattre avec ce livre, d’aider Sally, de dire à tout le monde la vérité sur ce qu’il se passait. Je me suis également dit que ce genre de situation existe vraiment dans la vraie vie : manipulations du mari, se retrouver dans un gouffre sans savoir comment en sortir, se retrouver seule contre tous, devenir dingue face à des situations que l’on ne peut, a priori, ne voir que dans des films/livres.

Tout chagrin se développe essentiellement autour de la certitude qu’il est impossible d’éviter son destin

Outre cela, le livre met en évidence une maladie peut connue : la dépression après avoir donné naissance à un enfant. Je tenais juste à dire que je crois en cela, c’est prouvé alors les jeunes mamans ne sont pas des mauvaises mères mais juste des personnes qui viennent de trimer pendant 9 mois, de pondre après x heures de travail, qui doivent se farcir les tétés, les couches qui puent, le vomis, les regards des autres, la fatigue, parfois un mari qui ne sait pas quoi faire, ect… alors ça devient assez difficile à l’instinct maternel d’éclore face à un bébé plein de sang et qui crie. Sujet long à débattre mais voilà, aujourd’hui j’avais envie de gueuler !

Quelques mots : acrimonie (agressivité verbale due à la mauvaise humeur), languide (quelqu’un qui se trouve dans une grande faiblesse), apocryphe (information dont on doute), diatribe (critique amère et violente), panégyrique (éloge)

J’ai dévoré ce livre, 100 pages par jour en moyenne. J’ai hâte de lire un autre livre de cet auteur. Ce livre est mon premier coup de coeur de l’année 2013 ! De plus, je trouve que l’auteur s’est remarquablement renseigné (cf remerciements) pour écrire un livre qui tient la route dans son histoire. Bravo !

Publicités
• Moment sympa, CHRONIQUES

Douglas Kennedy – Quitter le monde

  • Editions : Pocket
  • Prix : non indiqué (2€ : bourse aux livres)
  • Pages : 694
  • Date de parution : Juin 2010
  • Langue originale / Traducteur : Américain / Bernard Cohen

« Je ne me marierai jamais et je n’aurai jamais d’enfants. » Lorsqu’elle prononce cet arrêt, Jane a 13 ans. Le lendemain matin, son père aura fait ses valises. Hasard ? Coïncidence ? La culpabilité ne s’embarasse pas de ces questions : toute sa vie, Jane s’en mordra les doigts.

De Harvard à Boston, des belles lettres aux manipulations boursières, tout ce qu’elle touche se dérobe, tout ce qu’elle aime lui échappe. Et lorsque, enfin, la vie lui fait un cadeau, c’est pour le lui reprendre aussitôt. Alors Jane n’a qu’une obsession : fuir, n’importe où, hors du monde. Mais à vouloir le quitter, c’est lui qui vous rattrape…

Un auteur renommé, je n’ai pas hésité en le voyant. Un petit pavé. Mon résumé ne dit rien de spécial, ceux d’autres éditions en disent plus. Je ne savais pas dans quoi je m’aventurais.

J’ai mis pas mal de temps à trouver le rapport avec le titre, environ 200 pages voire plus, durant lesquelles il ne se passe quasiment rien. Enfin, l’auteur présente le personnage principal : Jane; son enfance, ses problèmes familiaux, ses antécédents, les bases de sa vie. Ce qui va nous amener à comprendre le reste de son histoire.

Parce que les mots comptent. Les mots construisent et détruisent. Les mots restent.

Durant ces 200 pages, l’auteur joue avec les mots, jongle avec les choses à raconter, un peu comme Arnaud Tsamère (« On ne demande qu’à en rire » sur France2). Il parle d’une chose, parle d’une autre, revient à la première. J’ai adoré mais ce style ne dure pas très longtemps.

Ce n’est pas le livre le plus joyeux du monde. Je crois même qu’il a eu une répercution sur moi-même. Quand Jane était énervée, traquée, j’étais irritable et quand elle remontait la pente, mon moral aussi. Jane n’a pas une vie rêvée, ça en est presque très surprenant et tiré par les cheveux ce qui lui arrive… Au début on peut peut-être s’identifier à elle mais ensuite plus du tout.

« Ce qui se perçoit dans le fait de voir, et ce qui se voit dans le fait de percevoir… »

C’est une lecture qui peut nous faire croire que même si on en arrive à vouloir Quitter le monde, il ne faut pas abandonner car tout fini par s’arranger; on arrive toujours à retomber sur nos pieds. Je ne sais pas si c’était vraiment le but de l’auteur mais si on creuse voilà ce qu’on peut trouver. Je ressens plutôt un message comme quoi tout le temps, dans ce monde, il y a aura des hauts et des bas, des combats contre soi-même pour avancer même si ce n’est que d’un pas. La fin pour moi représente l’étendu de possibilités qui s’ouvre à Jane et la tranquillité d’esprit retrouvée avec une touche d’incertitude.

Cela aurait pu être une livre philosophique mais je ne pense pas que l’auteur se soit basé sur ce point là. Il a raconté l’histoire d’une adolescente qui dit des mots, a des parents qui ne l’aiment pas, a des antécédents qui s’accrochent, qui ont fait qu’elle est ce qu’elle est 15 ans après. L’histoire du destin, de nous tous. Qui ne s’est jamais demandé « Si j’avais pris ce chemin/Si j’étais partie plus tôt/Si je ne lui avais pas dis de venir/S’ils m’avaient aimée… » ? Ce qui suit n’engagne que moi, mais j’en suis venue à penser à de la sociologie, comme quoi ce que nous avons vécu, entendu; ce qui nous a marqué, fait ce que nous sommes maintenant, que ce soit en bien ou en mal.

Parce que la vie ne peut être vécue qu’en allant de l’avant, et comprise en revenant en arrière

Une lecture complexe où chacun y trouvera son interprétation en fonction de son vécu. Une histoire de mots où tous ont leur importante. C’est une livre assez pessimiste malgré quelques onces de positivité. Donc si vous êtes tentés pour le lire, préparez vous un moment où vous êtes de bonne humeur pour contre-balancer les ondes globalement négatives de ce livre.