• Lecture très plaisante, CHRONIQUES

Katherine Pancol – J’étais là avant

Ca aurait été mieux dans des chaussures non ?
  • Editions : Le livre de Poche
  • Prix : 5 euros
  • Pages : 245
  • Date de parution : 2001
  • Ma note sur Livraddict : 16/20

Elle est libre. Elle offre son corps sans façons. Et pourtant, à chaque histoire d’amour, elle s’affole et s’enfuit toujours la première.
Il est ardent, entier, généreux. Mais les femmes qu’il célèbre s’étiolent les unes après les autres.
Ces deux-là vont s’aimer. Il y a des jours, il y a des nuits. Le bonheur suffocant. Le plaisir. Le doute. L’attente. Mais en eux, invisibles et pesantes, des ombres se lèvent et murmurent : J’étais là avant.
Des mères qui les ont aimés ou trahis, qui ont rêvé, souffert, espéré. Des mères qui vivent encore en eux et les empêchent d’aimer. On n’est jamais tout seul dans une histoire d’amour.
On est tous les autres et toutes les autres qui ont aimé avant nous.
J’étais là avant est le roman d’une femme qui se libère de ses démons. Qui nous libère de nos démons…

« Elle » est une femme en voie de développement. Elle n’a pas de prénom, elle peut être une de nous, toi, vous ou moi. Elle n’arrive pas à aimer, se défile pour oui ou pour un non. Durant tout le livre elle va essayer de venir à bout de ce fantôme qui l’empêche de trouver l’amour, d’aimer tout simplement. De fils en aiguilles, elle se rendra vite compte qu’elle n’a juste pas été aimée par sa mère ce qui l’a amené à toujours vouloir être regardée par elle et non par le regard de tous ces hommes. A l’instant où elle comprend cela, elle observe qu’elle n’est pas la seule à devoir travailler sur soi-même. Son amoureux du moment a également des antécédents à panser par rapport à sa mère. Des mères dont l’amour influe sur la personne que nous sommes maintenant.

Ils sont lâches, les hommes, égoïstes, fuyants, radins, vaniteux, ennuyeux, absents, indifférents, fatigués, toujours fatigués. Ridicules avec leur grosse auto, leur petit  portable, leur grosse situation, leur petite femme, leur gros zizi, leurs petites performances.

Au début « elle » raconte son histoire à son amoureux, qui donne ses impressions en gras dans le livre. Par la suite elle se parlera davantage à elle-même, preuve qu’elle se trouve enfin. Le récit peut paraître bordélique mais en fait je le trouve très bien dans son genre ; très compliqué à suivre car elle parle d’une idée qui en amène une autre, revient à la première etc… ce que je trouve très intéressant. C’est aussi un signe qui montre qu’elle est confuse elle-même dans sa tête. C’est donc une lecture complexe où il y a énormément de points à capter. La preuve, c’est une relecture pour ma part et je pense qu’une troisième lecture ne serait pas pour me déplaire !

Mme Armand était morte écrasée par un autobus anglais alors qu’elle traversait une rue de Londres, les bras tendus vers son aimé, et qu’elle regardait du mauvais côté.

En ce qui concerne le point principal : l’amour, qu’il soit reçu ou donné, je trouve qu’il est traité comme si c’était une psychanalyse. La question est : quelle dose d’amour donner pour le bonheur ? Ni trop ni pas du tout, mais quoi alors ? A travers ces deux personnages nous pouvons observer les deux extrêmes : une mère absente qui n’aime pas ses enfants et une mère trop présente qui veut modeler ses enfants. Où est le juste milieu quand ces comportements influencent la vie sentimentale des adultes plus tard ? Comment grandir avec ce fardeau, s’en débarrasser, se libérer comme elle a réussit à le faire ?

Le premier regard, celui que la mère pose sur son enfant, et qui lui donne la force de vivre, la force d’aimer, d’aimer les autres et de s’aimer soi-même.

Car deux personnes dans un couple viennent avec leurs bagages, leur vie et leur expérience. Même si nous ne sommes pas toutes à vouloir plaire sans conditions aux hommes comme elle, je pense que l’amour rentre en compte dans un couple quand il est question de jalousie, de laisser son amoureux faire ce qu’il veut, passer du temps ensemble, trouver un juste milieu pour ne pas l’étouffer ni s’en éloigner. Etre heureux.

Je vous conseille cette lecture, ça change du style de Katherine Pancol dans la trilogie « Les yeux jaunes des crocodiles » et suite. C’est différent mais tout aussi bien, peut-être même mieux et plus complexe (dans le bon sens) ! Dans cette lecture, je me suis même demandée si elle ne parlait pas d’elle, parfois c’était tentant de le croire !

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